Un aperçu du malinois

Je tenais à vous donner mon ressenti sur ce chien aussi controversé qu’est le berger belge malinois. Le plus connu, la rockstar des Belges, le Romeo Elvis des chiens. Même s’il n’est définitivement pas le seul de la famille, ce chien s’est imposé dans les corps d’armée, de police, service de douane… Aujourd’hui, il se popularise également dans les foyers.

Le but de cet article n’est absolument pas de vous faire un exposé sur cette race, déjà beaucoup trop populaire et médiatisée depuis Diesel… Les descriptifs de la race présentée sont déjà monnaie courante sur internet.
Ce que je veux, c’est simplement vous donner mon point de vue, très personnel.

 

Entre Berger Belge Malinois et Berger Allemand

A ne pas confondre! Même si les deux présentent des similitudes dans leurs morphologies, ce serait une erreur de les assimiler l’un à l’autre. En effet, là où le berger allemand se montre d’une extrême polyvalence et en fait le chien de travail par excellence (selon ce que l’on veut faire avec, et ce qu’on est capable de lui transmettre).

J’aime beaucoup comparer le berger allemand à un ami, confortable, adaptable, et relativement stable. Celui qu’on aime à avoir dans son entourage. Cette stabilité caractérisera ce chien à l’intelligence émotionnelle et d’apprentissage hors norme. Ce qui engendre la plupart du temps une très grande proximité relationnelle avec l’humain, puisque soucieux de faire lui faire plaisir, tout en prenant les initiatives qu’on lui laissera entreprendre.

Même si le malinois partage une ressemblance, il se démarque à bien des aspects. Tout d’abord, il est moins lourd et plus “sec”. Moins “nounours” avec d’avantage de détente que son homologue allemand. C’est un athlète née, un compétiteur nerveux qui agit avant de réfléchir si il n’est pas suffisamment canalisé. De plus sa génétique le rend déterminé, comme prisonnier d’une forme d’inertie mentale dans laquelle il peut aisément se bloquer en cas de stress ou d’un conditionnement trop important.

Et n’en déplaise aux amoureux de la race (dont je partage la sensibilité), mais on parle bien ici de chien instable.
En effet, les taux de cortisol (hormone du stress) sont bien plus élevés que chez bon nombre d’autres chiens. Toujours alerte, et réactif. Il n’est pas rare de constater certains troubles dans le comportement du malinois…

En comparaison, le malinois se caractérise par ses excès. Il est excessivement attaché, excessivement endurant, excessivement sensible, excessivement joueur (réactif), travailleur. Il réalisera chaque tâche comme si sa vie en dépendait… Bref, le malinois est un chien excessivement excessif.

 

Le Malinois en société

Puisque le malinois entre dans les foyers des particuliers, il est tout naturel de le voir en sortir. Puis de le croiser en extérieur. Alors oui, ce chien est à part. Pas uniquement par définition, mais aussi par une construction que la société tend à lui donner. J’ai plusieurs fois entendu des propos “chien méchant”, mais la plupart des choses que je remarque vis à vis de ces chiens restent de l’ordre du non-verbales
Ces petites choses anodines et insidieuses… Une posture fermée, des regards, des jugements, l’évitement de l’animal, et parfois certaines réaction ne traduisant qu’une chose : la peur.
Et selon vous, que se passe t-il lorsque qu’une éponge émotionnelle catalyse régulièrement de la peur dans son environnement?

Mais tout n’est pas sombre, et pour le vivre au quotidien avec Wooden, je dois aussi admettre que ce chien très particulier attire tout autant qu’il impressionne. Combien de fois je ne me suis pas fait arrêter dans la rue pour discuter de mon malinois… Que ce soit par un amoureux de la race, une dame se remettant doucement du deuil de son berger belge ou des marginaux rencontrés ne jurant que par ces chiens…

Ils les disent “fidèles“, “courageux“, mais surtout “intelligents“.

Peu sont ceux qui n’ont pas d’avis sur le malinois, qu’ils soient positifs ou non d’ailleurs… Il ne laisse pas indifférent, il n’est ni tiède, ni gris.

 

Victime de son succès

Malheureusement, face au succès abyssale du malinois dans les foyers français, ce sont les associations de replacement de chien (SPA) qui se retrouvent saturées.
Plusieurs choses l’expliquent. Une race de chien, c’est aussi une mode. Et les gens suivent la mode… Ceux qui n’y sont pas sensibles mais qui veulent adopter un chien accepteront par manque de connaissances ou d’esprit critique un malinois qui n’est clairement pas adapté à eux.
Refuser un chien, par manque d’expérience est une preuve d’humilité et d’intelligence.
L’inverse en dit long sur un individu.

Alors que cela fait deux ans que je partage mon quotidien avec Wooden, malinois non-LOF, je me suis rendu compte de certaines choses. La place sociétale de ce chien est à part, puisque coupable de”délit de sale gueule“. L’approche n’est plus du tout la même…
En effet, certaines choses que je pouvais me permettre avec Gouache, mon premier chien, typé husky au masque blanc ne sont plus du tout envisageables dans ce cas…
Il arrive souvent que l’on me demande (très maladroitement) si mon chien est concerné par la loi “chiens dangereux“. La réponse offerte dépend en grande partie de mon humeur du jour…

 

Mon expérience du malinois

Concernant la vie au quotidien, le malinois est un chien dévoué, même si là encore c’est par excès. Sa sensibilité est à la fois une force, mais aussi un terrain fragile à sa construction en tant qu’individu. J’attache un point d’honneur à ne pas le conditionner même si la race y répond généralement avec des résultats impressionnants. Ce qui compte, selon moi, c’est de lui donner la capacité à s’autonomiser selon certaines circonstances qui l’exigent.

Même s’il est rarement présenté comme tel, le malinois manque souvent de confiance en lui, la maturité et les expériences viennent apaiser les choses, s’il est correctement aiguillé. En d’autres termes, je m’efforce d’habituer mon malinois à l’inhabituel. Tout en lui fournissant une marge d’autonomie suffisante, en lui laissant le droit à l’erreur, tout en sachant que moi, je ne l’ai pas. Il peut se tromper, et dans un sens c’est une bonne chose qu’il le fasse, ces erreurs sont un investissement sur le long terme, un apprentissage bien plus important que n’importe quel tour de cirque.
Cette étape de prise de confiance en lui sera un indispensable pour obtenir un équilibre psycho- émotionnel satisfaisant.

 

Le malinois : Pour qui?

Je ne recommande le malinois que pour les personnes capables de se placer en toute légitimité dans la relation avec leur chien, sans n’avoir rien à prouver.

Stables émotionnellement parlant, et à la vie riche. Riche en activités, stimulations sociales, et dans la qualité des rapports qu’ils sont capables d’entretenir avec les autres, leurs chiens et eux-mêmes. Des personnes disposant de temps, et suffisamment d’humilité pour admettre qu’il y a encore tout à apprendre.
Vos traits de caractère seront enregistrés, intégrés et assimilés dans une forme brute. Cela se traduit par une amplification allant jusqu’à exagération.
Un chien se construit de manière verticale par opposition, ou dans une logique de cohésion

Alors, il est primordiale d’être soit même stable, bienveillant, et de se placer comme un guide (ou “leader” selon ce que ce mot représente pour vous). Il n’est pas question d’être l’alpha, le dominant, le chef… #onestuneteam

Le malinois est fait pour vous si vous êtes confiant(e), stable, actif/ve, capable de vous apaiser, analytique par essence, rigoureux(se).  De plus il vous faudra être doté(e) d’un tempérament inspirant un climat de confiance et de bienveillance. Écoutez ce que votre chien vous dit, sans vous laissez manipuler!

Enfin, si vous êtes bien dans vos pompes, bien dans votre vie, et que vous voulez ce malinois… Foncez, vous allez adorer. 🙂

 

 

 

 


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